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Ave César !!


Le 31 octobre 2014, j’avais rédigé un article sur les positions d’accouchement selon la méthode De Gasquet.

 

C’était il y a 2 ans.

 

A l’époque, je pensais qu’accoucher c’était ça : contractions, perte éventuelle des eaux, déclenchement ou non, péri ou non et trouver la position adéquate (pour nous OU pour le personnel médical), pousser, souffrir (éventuellement), mettre son enfant au monde et tout est bien qui finit bien.

 

Sauf que non. Accoucher ce n’est pas “que” ça.

 

Accoucher c’est aussi parfois subir une césarienne. Oui, subir une césarienne c’est accoucher, c’est donner naissance, c’est aussi le plus beau rendez vous avec l’amour de sa vie. C’est un accouchement très médicalisé certes. Mais dans bien des cas, il sauve des vies.

 

Pour la naissance du Petit Prince, je n’y étais pas du tout préparée. A aucun moment je n’avais envisagé la césarienne. J’étais à fond sur la méthode De Gasquet et mettre au monde le Petit Prince de cette manière a été pour moi une grande déception. Oui mais voilà, le coeur du Petit Prince ne supportait pas les contractions déjà trop fortes, trop intenses. Il fallait le sortir de là. J’ai donc eu une césarienne en urgence. Pour les retardataires qui ne me suivaient pas à l’époque, vous pouvez aller lire comment ça s’est passé ici .

 

 

Pour les régulières du site et de la page facebook, vous avez peut être compris que j’avais fait, lors de ma 2nde grossesse, une cholestase gravidique. J’étais suivie de très très très près par le CHU de Nantes. Et il était évident que le Petit Chat devait naître à 37 sa. Attendre davantage aurait été prendre un risque pour lui (j’aurais pu l’intoxiquer avec mes sels biliaires). Sauf que, mon col n’ayant déjà pas dilaté à 39 sa pour la première grossesse, je me préparais doucement mais surement à une seconde césarienne. Ayant un utérus cicatriciel, je ne pouvais pas être déclenchée n’importe comment et avec n’importe quoi.

 

C’est sans surprise, lors d’un examen gynécologique que le chirurgien qui me suivait m’a annoncé “Oulà, mais c’est fermé comme au 1er trimestre”. I knew it ! Je connais mon corps. Je le savais que dans ces conditions de déclenchement forcé, mon bébé ne passerait pas par voie basse.

 

Je me préparais depuis des semaines à me dire que j’aurais un second garçon avec une seconde césarienne.

 

Deux garçons, deux césariennes, deux contextes différents, ça méritait vraiment que je me livre là dessus.

 

Pour le Petit Prince, j’ai eu une péri. Les contractions étaient tellement douloureuses à cause du déclenchement au Propess que la sage femme n’a même pas attendu que j’ai atteint les 3 cm recommandés. L’interne anesthésiste a été super top et tout s’est fait sans encombre et très rapidement. Quand la décision de la césa a été prise, ils ont juste forcé les doses pour que je n’ai plus aucune sensation.

 

Pour le Petit Chat, c’était une rachi. L’interne anesthésiste a été très bien également, très avenante. Par contre, au moment où j’ai senti le produit froid, ça m’a fait une décharge au niveau des fesses, la partie en contact avec la table. J’ai fait un bond et je me suis platement excusée auprès de l’interne qui m’a certifié que ça arrive parfois.

 

Dans les deux cas, j’étais seule pour vivre ça. Monsieur Papa a du nous attendre dans la salle de réveil. En effet, l’aménagement du bloc ne pouvait pas lui permettre d’assister à cette opération. Mais dans les deux cas, les équipes en place ont été très gentilles. Il y a 2 ans, elles me disaient ce qu’il se passait, où le chirurgien en était. La sage femme est revenu après l’examen du Petit Prince pour me dire qu’il allait bien. Et cette année, elles me prévenaient de tous leurs gestes “Je vous lave le ventre madame”, “Je vous fais une toilette des parties intimes madame” … N’ayant aucune sensation, j’ai trouvé ça rassurant et psychologiquement important. A aucun moment je ne me suis sentie “déshumanisée”, non écoutée, non considérée. Et je le rappelle (parce que c’est important), je n’étais pas en clinique privée. J’étais au CHU.

 

 

Sortir le Petit Prince s’est fait très très rapidement. Je n’ai pas eu le temps d’angoisser qu’il était déjà là.
Alors que pour le Petit Chat, j’ai senti l’odeur de cochon grillé lors de l’incision (j’ai failli vomir – avec rien dans le ventre – et tomber dans les vappes mais les anesthésistes avaient déjà vu sur les monitos que ça n’allait pas et avaient agit en conséquence). Comme je n’avais eu aucune contraction de travail et que je le portais haut, ils n’arrivaient pas à le faire sortir par l’incision. Ils m’ont appuyé comme des bourrins au niveau du plexus solaire. J’avais l’impression de subir un massage cardiaque. Je ne pouvais plus respirer. Ils ont du alors utiliser une petite ventouse pour le diriger vers la sortie.

 

Quand le Petit Prince a crié, le chirurgien a passé la tête au dessus du champs et m’a rassurée “Vous avez entendu Madame, votre bébé va bien, il a crié”. Par contre, comme il était en faiblesse cardiaque, je n’ai pas pu le voir très longtemps. Je l’ai aperçu. J’ai eu le temps de me dire “Oooh il a le nez de son papa” qu’il était déjà parti.
Pour le Petit Chat, il n’y avait pas d’urgence. Quand je l’ai entendu crier, je me suis étonnée que personne ne vienne me le présenter. L’interne anesthésiste m’a rassurée rapidement : ils ont attendu que le cordon ait cessé de battre pour le clamper afin qu’il profite de tous les bienfaits au maximum. Ca a du durer une bonne minute. Et tout d’un coup, tout le monde s’est affairé autour de moi pour me libérer les bras (qu’on a en croix). J’ai pu embrasser, toucher et parler au Petit Chat avant qu’il ne parte rejoindre Monsieur Papa. C’était beaucoup plus émouvant pour moi que lors de la naissance du Petit Prince. Le Petit Chat a cessé de pleurer du moment où je lui ai parlé. J’ai dit “Coucou Petit Chat, c’est maman !! Tu sembles moins blond que ton frère et tes yeux sont très en amande”. J’étais tellement émue que j’en ai pleuré. Bon, j’avoue, en plus de le voir, je me suis dit “ByeBye cholestase”. J’ai tellement subi pendant 10 semaines que cette naissance était, comme pour le Petit Prince, une délivrance.

 

La couture a duré une 50aine de minutes pour les 2. Mais je ne me souviens pas bien de ces minutes là pour le Petit Prince. Je me souviens que j’observais nombreux tatouages de l’infirmière anesthésiste à travers sa blouse et j’essayais d’en comprendre le sens.

Pour le Petit Chat, ce moment m’a semblé une éternité. En plus, j’entendais parfaitement ce que disait le chirurgien à son interne « Alors là, on a un beau kyste sur la trompe gauche. On voit bien que ce n’est pas cancéreux mais on va quand même l’envoyer en analyse ». Heuuuuu …. Copain !!! Je suis là !!! Je t’entends. Bon au final, je n’ai jamais eu de leurs nouvelles donc je pense qu’effectivement, ce n’était pas un kyste trop méchant …

 

Suite à ces naissances par césarienne, quelques mauvais coups de scalpel sont à dénoncer. C’est le Petit Prince qui a reçu 2 petits coups pas profonds sur le crâne. Et lors de la naissance du Petit Chat, c’est ma vessie. Je ne comprenais pas, je n’arrivais pas à faire pipi d’un coup. Le chirurgien m’avait juste dit “On a eu un petit problème avec votre vessie, on ne pensait pas qu’elle était si haute”. Mais comme j’étais à l’ouest total, je n’ai pas pensé à poser la question. C’est en lisant le rapport obstétrical que ma sage femme m’a apporté réponse à la question : elle a subi un petit coup. Okkk, je comprends mieux mais 1- le chir aurait pu me le dire directement quand même et 2-, il m’a fallu 10 jours pour pouvoir faire pipi correctement et ne plus avoir de douleur.

 

La cicatrice visible était plus belle et moins douloureuse la première fois. Mais l’incision visible est faite au même endroit, pas celle des couches inférieures et ça peut entraîner davantage d’adhérence.

 

Après la naissance du Petit Prince, mon bassin était décalé mais rien de plus. Là, il était très décalé et très douloureux et ce décalage avait un fort impact sur ma cicatrice et notamment les coutures au niveau des aponévroses.

 

 

Depuis 2014, ils ont changé leur façon de faire. Aujourd’hui, tout est fait pour que les femmes césarisées puissent se lever rapidement.
Pour le Petit Prince, il est né à 0h33, je me suis levée pour aller faire pipi vers 11h. Je me demandais vraiment ce qu’ils voulaient comme levé plus rapide.
Le Petit Chat est né à 10h57, je me suis levée pour faire pipi à 17h15 … Ouhai, c’est plus rapide. Mais à quel prix ? Au prix d’antidouleur à dose de cheval les 48 premières heures. Du coup, je me suis levée droite comme un i et c’est une fois la montée de lait faite et le retrait de ces médocs que j’ai compris ma douleur et que je me suis un peu voutée.
Lorsque j’ai vu l’interne avant ma sortie de la mater (à J +3, comme un accouchement par voie basse), je lui ai dit que leur processus de réhabilitation précoce n’était pas du tout adapté. Je trouve ça normal d’avoir mal après l’intervention directement après et pas à J+ 2 !!!

 

Lors de la naissance du Petit Prince on m’a demandé si j’avais l’impression d’avoir donné naissance .. Lors de la naissance du Petit Chat, alors que j’expliquais que je savais que ce serait une seconde césa, on m’a dit “Oh ben ça va, tu ne vas pas pousser toi”.

 

Merci, mais comment vous dire ? La césarienne a beau être un acte médical, c’est AUSSI donner la vie. Je n’ai eu aucune vergeture pour aucune de mes grossesses mais je garderai à vie cette cicatrice sous ma culotte. Cette cicatrice de 15 cm sera visible à vie pour me rappeler que MOI AUSSI j’ai porté mes enfants, moi aussi j’ai souffert (avant ou pendant le travail), moi aussi j’ai accouché, moi aussi je suis maman.

 

J’ai subi ces actes médicaux non pas pour préserver mon périnée (Ah oui, je n’ai aucune fuite urinaire, je peux me retenir d’aller faire pipi sans problème), non pas pour ne pas avoir à pousser, non pas par facilité. Mais dans les 2 cas, la vie de mes bébés était en jeu.

 

 

Les cours de prépa à l’accouchement sont mal fait ou en tout cas n’insistent pas assez sur cette césarienne. Nous ne sommes pas assez bien préparées psychologiquement je trouve. On ne l’imagine pas, on ne l’anticipe pas, on ne nous aide pas à l’accepter. Il m’a fallu du temps et je crois que c’est surtout la naissance du Petit Chat qui m’a aidé à accepter tout ça.

 

Je le dis haut et fort pour toutes mes amies enceintes, ou pour vous toutes qui me suivez : donner la vie, c’est donner la vie. POINT. La césarienne a sauvé mes bébés.

 

 

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    1 commentaire

    Ma Bouille Et Moi

    Coucou!

    Alors déjà, j’aime beaucoup ton article! Tu prouves bien que même en cas de césarienne, tous les accouchements sont différents.

    Avec l’arrivée prochaine des Twins, et les « peurs » du corps médical en cas de grossesse multiple, on te parle césarienne dès la première échographie.
    Et j’ai beau lire et me renseigner sur cette pratique, j’ai beau essayer de me persuader qu’il FAUT que je me prépare à cette éventualité, je n’y arrive pas.
    Les médecins ont peur d’un accouchement de multiples par voie basse, moi je flippe de la césa. C’était déjà le cas pour la Bouille, ça n’a pas changé.

    Et il y a autre chose qui entre en ligne de compte cette fois : j’ai déjà vécu un accouchement. Dont quelque part, on m’a dépossédé. J’ai mal vécu le déclenchement, je m’en suis beaucoup voulu d’avoir accepté la péridurale….
    Quand j’ai appris que j’étais enceinte cette fois, j’ai commencé à me préparer à accoucher de manière la plus naturelle possible. J’avais même envisagé un accouchement à domicile.
    Et quand j’ai su que c’était des jumeaux, tout ça s’est effondré. Maintenant j’essaie de recoller, de faire un mix entre ce que je veux, ce qui est possible, et ce que le corps médical essayera de m’imposer, comment je vais lutter….

    Sauf qu’envisager la césarienne, je n’y arrive pas. Je ne sais même pas ce qui me fait aussi peur la dedans. Je sais que c’est une façon comme une autre d’accoucher, que c’est un vrai accouchement. Mais je ne peux pas. Ca me tétanise.

    Alors j’espère que je pourrais accoucher par voie basse, je fais tout pour m’y préparer physiquement, avec l’aide de ma sage femme.
    Et j’espère que si césa il doit y avoir quand même, j’arriverais à y faire face, à ne pas culpabiliser, à ne pas être déçue…

    Des bisous ma jolie!


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