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Ma fin de grossesse – Episode 2

Previously on Strawberry Charlotte,

 

Je suis entrée mardi 18 novembre au CHU de Nantes au service Grossesse à Haut Risque à cause d’une cytolyse hépathique.

Ce n’était pas une cholestase gravidique parce que mes sels biliaires étaient normaux, ce n’était pas une pré-éclampsie …. On ne sait pas bien ce que j’avais mais j’avais cette p***** de cytolyse (= destruction des cellules du foie mais ce, sans AUCUN des symptômes de la cytolyse … )

Personne n’a su vraiment ce que j’avais fait (j’ai encore des analyses à faire), personne n’a compris mais “par sécurité”, il fallait faire naître le bébé.
Le vendredi 21, mon col était loiiiiiiiiin d’être prêt, ils ont commencé par m’insérer un tampon pour faire maturer le col. Dans les statistiques, il faut 24h pour qu’il fasse effet.

 

Oui … Mais c’était sans compter sur ma santé, ma super réaction au médicament (vu que je n’en prends jamais) … Le tampon a été inséré à 15h. A 16h, je ressens les premières contractions. Mais elles sont super mignonnes. Je commence à me mettre sur le ballon. Mon chéri me masse le bas du dos avec une balle de tennis. Bref, ça le fait.

Deux heures après, ça ne le fait plus du tout. Il est 18h et ça travaille à mort dans mon utérus. Mais je gère. Je respire super bien. On m’avait dit 24h mais plus le temps avance, moins j’y crois.


Je suis monitorée et moi, qui jusque là n’avais quasi jamais eu de contractions depuis le début commence à comprendre “la souffrance”. Le monito indique des pics à plus de 80 %. J’inspire, j’expire, tout va bien mais tout s’accélère.

 

Vers 21h, la poche des eaux se perse. Quelle sensation !! J’étais allongée sur le lit en essayant de me concentrer sur NCIS quand je sens que ça coule entre mes jambes. C’est horrible et en fait c’est surprenant ! On ne peut pas se retenir !!

 

A partir de ce moment là, vu que j’ai déjà des contractions douloureuses toutes les 2 minutes, ils décident de me monter directement en salle d’accouchement, sans passer par la case salle de travail sans toucher 20 000 francs …

Je rencontre la sage femme qui va s’occuper de moi : Marianne et l’élève sage femme Anaïs. L’examen est décevant. Je douille comme je ne sais pas quoi depuis la fin de journée et mon col est … à 2 !!!!!!!!!!! Pas de péri donc (elle ne peut être posée que lorsque la dilatation est de 3 cm et jusqu’à 8 cm).
Le pire, c’est que mon col est toujours postérieur. J’en ai pleuré sur la table tellement ça a été douloureux !

 

On m’a fourré une mèche censée dilater mon col. Lui en a décidé autrement : j’aurai des contractions, je perdrai les eaux, mais il ne se dilaterait pas ! Le sa***** !

 

Marianne m’a fait une prise de sang pour voir si je pouvais avoir la péri. Il fallait attendre 1h les résultats.

 

Cette heure-ci m’a paru la plus longue de ma vie ! Je souffrais mais en prime je vomissais tout ce que je pouvais (de la bile quoi en fait).

Vous imaginez la scène : douleurs de contractions de “fin de travail”  toutes les 2 minutes + vomissements + perte des eaux ….. J’ai perdu pied. Je ne savais plus comment me mettre, je ne savais plus comment respirer. Les pauses entre chaque événement étaient trop courtes pour que je puisse me reprendre.

A peine je venais d’en finir avec une contraction que j’en sentais une nouvelle monter ! “Tu accoucheras dans la douleur” => Oui, ça y est, j’ai souffert ! Faites que ça cesse !

 

Mon homme était paumé, je le voyais bien. Il était impuissant face à mon état. Il ne pouvait rien faire et je crois, ne voulait pas prendre d’initiative de peur de se faire rembarrer. Et puis, quelle initiative prendre ?? J’étais dans un tel état qu’il me fallait juste une piqûre miracle dans le dos !

 

Quand les résultats de la prise de sang sont arrivés, Marianne est entrée en trombe dans la salle et a lancé un “ Aller, péri” … Hallelujah bordel !

 

On m’a repeint le dos. L’interne anesthésiste est arrivé pendant que mon homme est sorti un instant. Pendant qu’ils se préparaient, ils m’ont également monitorée.

Je ne sais pas si c’est que j’ai eu de la chance tout au long de mon hospitalisation mais je ne suis tombée que sur des gens super gentils … Même l’anesthésite. Peut être parce qu’il est interne me direz vous. Peu importe. Il s’est fait discret, aimable, et juste parfait. Je n’ai rien senti du tout !

 

Quand mon homme est revenu et que la péri commençait doucement son effet, j’avais envie de m’endormir. Il devait être 22h30 et je n’en pouvais plus. Quand la sage femme me parlait, mes paupières étaient lourdes. Mon chéri m’a même dit après coup, que je ne répondais plus aux questions …
Marianne m’a ré-examiné …. Mon col était toujours à 2 doigts larges. Mais bébé n’allait plus bien du tout.

 

Ce produit (pour faire maturer le col) nous a fatigué lui comme moi. Sauf que lui, c’est son petit coeur qui était en jeu. Les battements cardiaques chutaient critiquement à chaque contraction. Marianne me dit que la césarienne est à envisager. J’étais dans un tel état que j’aurais dit oui à tout. Je voulais qu’on me libère et que petit bonhomme aille bien.

 

Elle attendait la confirmation du médecin et une fois qu’elle l’a eu, tout est allé très vite. On m’a rasé le dessus du pubis et posé une sonde urinaire. On a emmené mon chéri dans la pièce dans laquelle il pouvait nous attendre. Et moi, on m’a préparé pour le bloc.

 

J’étais super déçue en un sens que mon chéri n’assiste pas à cette césarienne mais je savais que de toute façon, bébé serait avec lui dès qu’ils l’auraient sorti. Il n’a pas pu couper le cordon mais le bloc ne permettait pas à ce qu’il vienne avec nous.

 

Avec tout ça, j’avais super froid. Je claquais des dents. Entre l’épreuve des contractions / vomissements et la fatigue engendrée, je caillais. Alors, en arrivant au bloc, j’ai cru que j’allais me transformer en esquimau.

 

De ce fait, quand j’ai été installé sur la table et que le champs a été mis, on m’a mis comme une soufflerie au niveau du cou. Comme un gros sèche cheveux qui propulsait de l’air chaud dans un tube en plastique. Ca ne m’a pas entièrement réchauffée mais au moins je grelottais moins.

 

Encore une fois, que des gens géniaux m’ont entouré pendant cette heure au bloc. Sortir notre petit prince leur a pris 10 min. Me recoudre leur en a pris 50. Je savais que dans l’équipe de “Boucher”, il y avait Céline. Une jeune interne en médecine qui m’avait suivi depuis le début. C’est elle qui m’a en recousu la partie “visible”. Je ne me sentais pas un numéro. Ils m’appelaient par mon nom de famille !! J’étais au CHU oui … Mais jamais je n’aurais imaginé cette dimension humaine !

 

Bref, j’ai été bradassée dans tous les sens. Pendant la césarienne, on ne ressent pas la douleur mais on sens les mouvements. Et bien, ça secoue ! Je voyais les gens s’activer autour de moi, je ne savais pas ce qu’ils faisaient, où ils en étaient mais j’étais sereine.

 

Quand ils ont sorti le petit prince, je l’ai entendu crié. On me l’a montré quelques instants avant de l’emmener. Le chirurgien a passé sa tête par dessus le champs et m’a dit “Vous avez entendu Madame, il a crié, il va bien”.

 

Et là … Je me suis dit “putain, plus de coups dans le ventre, plus de hoquets sur la vessie … Putain, je suis maman ! » .

Pendant que j’attendais patiemment qu’on me recouse, Marianne est venue me voir “ Votre bébé va bien. Il est né à 0h33. Il fait 51 cm pour 3,190 kg. Il est dans les bras de votre conjoint”.

 

Quand je suis enfin sortie du bloc, on m’a remise dans le lit et on m’a emmenée là où se trouvaient mes deux amours. Mon homme était en peau à peau avec notre petit prince pour le réchauffer. Je voulais le voir, je voulais le tenir …

 

Mon dieu qu’il est beau. Je sais, je ne suis objective mais quand même ….

 

Marianne m’a bien aidée pour la mise au sein. Mes gestes étaient peu assurés et très approximatifs mais je me suis dit que ça viendrait.

 

Nous avons été très surveillé Petit Prince et moi pendant que nous étions dans cette grande salle.

On a attendu que la péri n’ait plus d’effet (que je puisse bouger les jambes) et puis, vers 4h30, nous sommes montés tous les 3 dans la chambre.

 

Je n’ai pas pu fermer l’oeil du reste de la nuit (déjà super bien avancée). Je l’ai passée à m’assurer que Petit Prince respirait bien (pendant que le nouveau papa se remettait de ses émotions dans un sommeil plus ou moins profond).

 

Quand on accouche dans la nuit, la journée suivante est dure à assumer ! Comme la sage femme (Homme) me trouvait pourtant très bien, il m’a proposé de m’enlever la sonde urinaire et de me lever dans la fin de la journée. Quand il m’a enlevé la sonde, il m’a prévenu “Vous avez 6h pour aller uriner sinon, on devra vous remettre une sonde”. Mais comme l’allaitement et la chaleur de la chambre me donnaient soif, et que j’avais aussi eu une perf’ de glucose, je n’ai pas eu besoin de ces 6h.

Bon, par contre, il m’a été un peu “douloureux” de me déplacer les premiers temps (je marchais telle une mamie courbée) et contrôler sa vessie n’était pas des plus agréables non plus. Sachant que, ce n’est pas parce que j’ai eu une césarienne que j’évite les saignements post accouchement ! En parlant de ça, j’ai eu l’impression d’avoir mes toutes premières règles. Entre la douleur de la cicatrice sur plusieurs étages (utérus, sous-peau, peau … ), les contractions utérinnes dûes à l’allaitement pour qu’il retrouve sa place et les saignements, j’ai eu vraiment mal les premiers temps.

Cerise sur le gâteau : à cause de mon foie, je n’avais pas le droit au paracétamol. Ils m’ont donné de l’ibuprophène mais je le consommais vraiment qu’en cas de grosse douleur.

Pour autant, ces douleurs n’étaient pas une raison nécessaire et suffisante pour que je cesse l’allaitement maternel. Je sais que c’est le meilleur des laits pour notre petit prince. Je lui transmets toutes les défenses immunitaires possibles. Et sincèrement j’aime la sensation de cet allaitement. Oui c’est douloureux parfois (Et c’est là où je me dis qu’il est mal installé et que je revois sa position), oui j’ai eu quelques crevasses au début. Même si le rythme est un peu fatiguant puisque je ne sais jamais quand ça va tomber (allaitement à la demande), j’aime vraiment ça. C’est encore un moment privilégié avec notre Petit Prince.

 

Bref, après cet accouchement haut en couleur et qui n’avait rien à voir avec tout ce que j’avais pu imaginer, mes résultats sanguins ont commencé à être meilleurs. Au départ, ils souhaitaient que je refasse la protéinurie des 24h. Mais finalement, vu les résultats, ça n’a pas été la peine. Plus le temps avançait, plus les résultats baissaient. Ils ont juste une analyse avec un résultat “douteux” mais sinon, tout est normal. Mon foie, rendu au 9ème mois a juste dû fatiguer c’est tout.

 

Je retourne dès demain à cours de gym De Gasquet. Ca fait depuis la veille de mon départ de la mater que je ne prends plus d’antidouleur pour la cicatrice. Je retrouve ma souplesse (ahahah, je peux me couper les ongles de pieds sans douleur. Je l’ai toujours fait seule, jusqu’à la fin. Mais là, c’est redevenu super fastoche 😀 )

 

Je vous garde, pour un troisième et dernier article à ce propos, un épilogue sur cet accouchement, ma semaine à l’hosto, le retour à la maison avec le petit prince et les effets de cette fin de grossesse.

 

Gros bisous à toutes

 

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    4 commentaires

    Priscilla

    Rolala, tu en as vécu des choses dis donc !!
    Le principal c’est ce que tu as quand même bien vécu toutes ses choses, et que ton bébé & toi aille bien !
    Je suis contente pour toi que ton allaitement se passe très bien, et que tu aimes çà. Comme quoi les expériences des unes sont toujours différentes de celles des autres 🙂 (et heureusement ^^)

    Charlotte Aux Fraises

    Oui comme tu dis, on va bien et c’est vraiment l’essentiel. Je ne me sentais pas du tout préparée à l’idée de devoir être déclenchée ni encore de devoir subir une césarienne. Mais une fois dans le feu de l’action, on doit se laisser un peu porter je pense !

    Pour l’allaitement, je me dis que j’ai quand même de la chance que ça se passe bien : on a pas voulu anticiper et nous n’avions pas acheté de lait en poudre ! Je suis vraiment contente que tout se passe bien de ce côté là !

    Ma Bouille Et Moi

    Wouaaaah! Je lis le récit de ton accouchement le jour du 1er anniversaire de ma Bouille, et ben je peux te dire que tu m’as tiré des larmes!
    Tu es passée par tellement de choses! Je suis vraiment heureuse pour toi, et contente de voir que ton petit prince va bien, et toi aussi!!
    Je te souhaite tout plein de bonheur et j’attends l’épisode 3 avec impatience!

    Charlotte Aux Fraises

    Ohhhh bon anniversaire à ta bouille !!!!

    Oui nous allons bien …. Maintenant ! L’épreuve a été loin de celle dont je rêvais mais même si on ne peut que se préparer comme on le peut, on n’est jamais sûres que ça se passe « comme prévu ».

    Merci beaucoup pour tes bons voeux et espère pouvoir vous rédiger l’épilogue pour la fin de semaine !

    Gros bisous


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