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Mon bébé à l’hôpital

L’hiver arrive et avec lui, une foultitude de petits microbes a fait son apparition dans la maison.

 

Fin octobre, le Petit Prince se choppe une jolie gastro qu’il gardera 3 jours. Il transmet un petit semblant de son virus à Monsieur Papa et 5 jours plus tard c’est mon tour. Seul rescapé de l’affaire : le Petit Chat.

 

Un peu plus tard, le Petit Prince, qui, à part des rhumes n’est d’habitude jamais malade, enchaîne un trio gagnant : otite – laryngite et rhinopharyngite. Super !!! Dans la foulée je me choppe une mauvaise sinusite, mal diagnostiquée par la jeune remplaçante de mon médecin traitant et du coup, qui aura trainé 15 jours. Monsieur Papa se choppe un bon rhume. Seul rescapé de l’affaire : le Petit Chat.

 

Jusqu’au jour où … Dimanche dernier, il se met à tousser. Normal, avec tous les petits virus que nous nous trainons, il a pris un petit peu chez moi, un peu chez Monsieur Papa, un peu chez son grand frère.

 

Mais le lundi, je m’inquiète un peu. Sa toux est étrange et il semble s’étouffer pendant les quintes. Il dort beaucoup et ses tétées sont moins longues. Comme il est en super constipation et que j’ai un rdv pour moi chez mon médecin traitant en fin de matinée, à la base pour évoquer les suites de ma grossesse et de l’impact de la cholestase, j’en profite et je ramène le Petit Chat pour une auscultation. Au final, on évoque que peu les suites de ma grossesse avec mon médecin. Elle ausculte le Petit Chat et semble très perplexe. Il est rose, il ventile bien mais sa respiration n’est pas normale. Elle appelle directement les urgences pédiatriques parce qu’il y a selon elle quelque chose qui cloche.

 

 

Direct après le rdv, sans passer par la case déjeuner, je pars pour le CHU pour qu’un pédiatre examine le Petit Chat. J’appelle Monsieur Papa pour qu’il me rejoigne et c’est très rapidement que le verdict tombe : Bronchiolite. Un virus (et non une bactérie, donc pas d’antibios) pas cool chez les tout petits. Rhinite, toux, encombrement, fièvre et grosse fatigue. Le bébé malade a besoin de dormir et n’arrive plus vraiment à téter (à plus forte raison lorsqu’il est au sein). Je suis fatiguée (j’ai dormi 5h la nuit précédente) et je culpabilise d’avoir rendu mon Petit Chat moins fort à cause de tous les médicaments que j’ai du prendre pendant ma grossesse. Tout se bouscule dans ma tête. On ne peut pas nous laisser repartir comme ça. Le Petit Chat est beaucoup trop faible.

 

Il lui faut une sonde naso gastrique pour l’alimenter pour qu’il se repose. Et puis, on nous propose de faire partie d’une étude concernant la guérison de cette bronchiolite. L’étude consiste à administrer soit un placebo, soit de l’oxygène et des corticoïdes sachant que ni les parents ni le praticien ne savent ce qui sera administré au bébé. Après discussion, nous avons refusé Monsieur Papa et moi de faire partie de cette étude. Ne pas savoir ce qui est donné à notre tout petit n’était pas envisageable.

 

 

La pose de la sonde naso gastrique a été aussi difficile pour le Petit Chat que pour Monsieur Papa et moi. C’est tellement dur de voir son enfant pleurer et sur le coup, de souffrir. De plus, ils lui ont installé ce qu’ils appellent des lunettes, un truc qui passe à la base des narines et qui donne un peu d’oxygène afin de l’aider à mieux respirer. La pédiatre des urgences évoquait le fait de donner un lait industriel au Petit Chat. J’en étais malade intérieurement. Mais elle a compris que l’allaitement me tenait à cœur. Un tire lait m’a été proposé pour lui donner 70 ml de mon lait toutes les 3 heures.

 

Quelques heures après notre arrivée aux Urgences, nous avons été installés dans une chambre double, mon bébé est relié à plein de machines, il a deux trucs en plastiques scotchés sur son beau visage, des capteurs sur le thorax et au pied et le mode loque est enclenché.

 

 

Pour soigner la bronchiolite, pas de médicament. Seuls les lavages de nez au sérum physiologique, une bonne alimentation pour avoir l’énergie suffisante pour vaincre le virus et du repos sont prescrit. Bien sûr en cas de fièvre, un peu de doliprane peut être donné mais c’est tout.

 

La première nuit que nous avons passée là-bas a été aussi désastreuse pour moi que pour le Petit Chat. Déjà, il faut souligner que du haut de ses 8 semaines, le Petit Chat fait ses nuits depuis 3 semaines. Là, ils ont décidé de continuer de le nourrir par la sonde toutes les 3 heures et ce, bien que je me sois entêtée à leur dire « Mais il fait ses nuits »!!
Ajouté à ça le fait que j’ai découvert que mon lait, conservé au frigo, n’était pas réchauffé. Il passait froid dans la sonde et faisait pleurer le Petit Chat. Pour lui, manger = maman / câlin / contact tactile et visuel. Là, je n’avais pas trop le droit de le mettre au sein. Déjà la sonde n’avait pas un fil assez long pour le coucher au sein. Et ensuite, le principe de la sonde est de ne le fatiguer donc je n’avais le droit de le mettre au sein que pour de la tétouille, pour le rassurer, le câliner. Avec tous les branchements, la sonde, l’oxygène qu’il avait dans le nez, je ne pouvais pas m’éloigner des machines si je le prenais dans mes bras. Je ne pouvais pas marcher avec lui alors que c’est un truc qu’il adore pour trouver le sommeil. Il a eu du mal à trouver son sommeil … Toute la nuit. Du coup, ni lui ni moi n’avons beaucoup dormi. Dès qu’il pleurait, une infirmière ou l’auxiliaire de puer venait me voir et elles m’ont toutes demandé « Il n’a pas de tétine ? » Grrrrr.
Peu avant 6h, le Petit Chat et moi avions enfin trouvé le sommeil. C’est quasi exactement à ce moment là que j’ai été réveillée par l’auxiliaire de puer peu délicate pour que je tire mon lait parce qu’ils n’en avaient pas assez pour la prochaine sonde. J’étais blasée et tellement fatiguée.

 

 

La nuit suivante s’est aussi révélée haute en couleur. Les équipes étaient différentes de la veille et là … Là, j’ai cru que j’allais faire bouffer à l’infirmière de nuit, son stéthoscope, sa petite lumière de poche et son thermomètre. J’endors le Petit Chat et passe au « cabinet de toilettes » de la chambre (oui, il y a un lavabo et des toilettes point. Pas de douche … Je suis restée là bas 3 jours plein, je vous laisse imaginer mon état en partant). Et puis j’entends les barrières du lit. Je panique « On me vole mon bébé ou quoi ? ». Je finis vite mon affaire pour découvrir que cette infirmière avait réveillé mon garçon parce que c’était l’heure de lui nettoyer le nez. Et vas y que j’ouvre la turbulette et le body pour voir comment il respire, vas y que je lui fous mon thermomètre froid sous l’aisselle, vas y que je lui fous une pipette de sérum phy par narine. Voilà. Il pleure bien, je peux continuer mon tour dans les autres chambres laissant à la chère maman déjà passablement énervée et fatiguée le soin de rendormir le petit bébé. Je ne mens pas. Tout s’est vraiment passé comme ça. Moi qui ai en temps normal un fort caractère, suis restée complètement atterrée devant cette scène. C’était comme si je me voyais la tirer par les cheveux, la mettant à la porte de la chambre en lui hurlant de laisser mon fils dormir mais le tout en ayant mes pieds enfoncés dans le bitume et sans aucun son qui ne sortait de ma bouche …. Quand elle est repassée dans la nuit, elle a à nouveau ouvert turbulette et body mais je ne crois pas que le Petit Chat ait réagit.
La 3ème et dernière nuit a été très correcte pour le Petit Chat. Du moment où il a fini par trouver son sommeil, seule une quinte de toux l’a réveillé vers 4h mais je n’ai pas trop peiné à le rendormir. L’infirmière a encore ouvert turbulette et body mais il est resté au pays des rêves.

 

En allant au CHU pendant 3 jours pleins et 3 nuits, c’est un peu le choc des cultures. Le premier petit colloc’ de chambre lors de notre arrivée avait aussi une bronchiolite mais en fin de course pour lui. Il n’était pas sondé et n’avait plus d’oxygène. Au départ, nous sommes restées l’autre maman et moi chacune de notre côté. Finalement, elle a vite brisé la glace. C’était une jeune maman très gentille. On a beaucoup discuté. Elle aurait pu être une de mes amies. Donc ça a permis de commencer ce séjour assez agréablement. A leur départ, nous avons eu la chambre pour nous pour 24 heures. Et puis une mamma black et sa fille de 3 semaines sont venues prendre le relais … La paix était finie. La petite louloute était dans un état bien pire que le Petit Chat. Et franchement, quand j’ai vu cette maman d’une culture bien différente de la mienne, j’ai su que la nuit allait être délicate. Elle ne parlait pas français (ou très mal). Elle a passé son temps à réciter des incantations et à prier pour sa fille, fille qui n’a pas dormi de la nuit, qui a n’a pas laissé ma chère et tendre infirmière en paix (qui faisait des va et vient dans notre chambre donc) … Bref, malgré ma fatigue et l’état plus serein du Petit Chat, je n’ai que peu dormi de la nuit. A 6h, je l’entendais prier Jésus. Et le problème, c’est qu’en parlant à peine français, elle forçait l’équipe médicale à parler anglais. Et comme l’état de sa fille était très inquiétant, ça a été le défilé dans la chambre. A 7h, alors que je tenais le Petit Chat contre moi après la tétée, j’entendais le jeune médecin qui tentait d’expliquer à la maman la suite des procédures. C’est quand il a dit « Punaise, parler anglais dès 7h du matin, c’est pas un cadeau ». Du coup, je lui ai dit que je n’avais peut être pas le vocabulaire médical mais que je pouvais l’aider. Je faisais le relais linguistique entre cette maman angoissée par l’état de sa fille et les médecins qui se sont succédés dans la chambre. Cette maman a changé de service en milieu de matinée. A son départ, elle m’a remerciée pour l’aide que j’ai apporté.

 

Le Petit Chat n’ayant pas perdu trop de poids, respirant un peu mieux, nous avons été autorisé à quitter les lieux le vendredi en fin de journée après au total 76 heures passées là bas avec pour consignes de lui laver le nez 6 à 8 fois par jour, de surveiller que les tétées sont correctes niveau durées et surtout efficaces.

 

Pendant tout ce temps là, entre mardi matin et vendredi soir, je n’ai eu le droit de voir le Petit Prince que par facetime ou sur les photos et vidéos que Monsieur Papa m’envoyait. Il n’avait pas le droit de venir dans le service et en même temps, ce n’était pas une place pour lui. Il me manquait terriblement. Vendredi soir, en rentrant du CHU, je suis allée le récupérer chez la nounou. Et là, gros choc émotionnel : il a refusé de me faire un bisou. Entre la grosse fatigue (globalement, j’ai dormi 14 heures sur 4 nuits), les hormones, la situation de l’hôpital, j’ai fondu en larmes devant la nounou qui est allée chercher le Petit Prince avec beaucoup de douceur. Il m’a fait un bisou un peu forcé et m’a parlé de son papa tout le temps du trajet. Dur dur…

 

Cette expérience de l’hôpital est très très dure pour beaucoup de raisons. Voir son tout petit (peu importe son âge) branché à tant de machines, avec un personnel respectant des règles complètement absurdes (il doit manger toutes les 3 heures même si à la maison il fait ses nuits WTF ??) est l’une des choses les plus inquiétantes qui m’ait été donné de vivre. Et encore, il n’avait « que » la bronchiolite, je relativise. Il y a la maladie d’un côté avec tout ce qu’elle implique et il y a la vie à l’hôpital qui a son rôle dans la fatigue : le confort rudimentaire, les repas du parent accompagnateur à la charge dudit parent (5 € le petit déj et 10 € le plateau, quand même … ), les autres enfants qu’on peut entendre pleurer, crier, hurler. Je me suis mise à pleurer le dernier soir en entendant une petite fille pleurer sa maman pendant plus de 10 minutes. Je n’ai pas vu cette petite fille, je ne connais pas son contexte. Mais ses pleurs étaient déchirants. Je ne pensais pas vivre cette expérience de l’hôpital pour mes garçons si tôt.

 

J’espère tellement de ne pas avoir à recommencer !!

 

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    2 commentaires

    Priss

    Oh 🙁
    Ca ne m’est pas arrivé, j’espère tout comme toi l’espérait, ne pas avoir vivre cet épisode 🙁
    J’espère que ton petit chat va mieux et vous aussi

    Charlotte Aux Fraises

    Le Petit Chat a refait une 2nde bronchiolite mais toute petite. Du coup, dès qu’on s’en est rendu compte, on lui a nettoyé le nez. On a pris ça tout de suite et elle est partie aussi vite qu’elle n’était arrivée. Mais je constate malheureusement qu’il a une fragilité …


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